Analyse de la structure des crimes d’enlèvement
1.
Description des variables
Plusieurs variables ont été utilisées afin d’analyser la structure de la criminalité relative aux enlèvements et/ou séquestration. Parmi celles-ci, plusieurs ont été recodées pour les besoins de la cause. D’autres ont été simplement mises de côté puisqu’elles ne représentaient pas d’intérêt particulier à la présente étude.
Les incidents
Premièrement, regardons les variables relatives aux incidents eux-mêmes. Celles qui ont été pertinentes ici sont l’infraction la plus grave, la deuxième infraction la plus grave, le lieu du crime, le jour où s’est déroulé l’événement, l’arme utilisée ainsi que le classement de l’affaire. Le tableau suivant rend compte de ces variables :
Tableau
1 : Distribution des variables relatives aux incidents
|
Nombre |
Pourcentage (%) |
Valeurs manquantes |
Infraction la plus
grave : |
|
|
|
enlèvement |
154 |
23.5 |
|
séquestration |
498 |
75.9 |
|
autres |
4 |
0.6 |
|
Total |
656 |
100.0 |
n = 0 |
Deuxième infraction : |
|
|
|
infractions sexuelles |
3 |
2.1 |
|
voies de fait |
12 |
8.3 |
|
séquestration |
9 |
6.3 |
|
vols/introduction par
effraction |
60 |
41.7 |
|
autres |
60 |
41.7 |
|
Total |
144 |
100.0 |
n = 512 (78%) |
Lieu du crime : |
|
|
|
inconnu |
116 |
17.7 |
|
résidence |
358 |
54.6 |
|
zone
ouverte |
58 |
8.8 |
|
établissement
public |
60 |
9.1 |
|
commerce |
51 |
7.8 |
|
autres |
13 |
2.0 |
|
Total |
656 |
100.0 |
n = 0 |
Jour : |
|
|
|
dimanche |
66 |
10.2 |
|
lundi |
107 |
16.6 |
|
mardi |
87 |
13.5 |
|
mercredi |
88 |
13.7 |
|
jeudi |
96 |
14.9 |
|
vendredi |
114 |
17.7 |
|
samedi |
86 |
13.4 |
|
Total |
644 |
100.0 |
n = 12 (1.8%) |
Arme utilisée : |
|
|
|
inconnue |
64 |
9.8 |
|
arme
à feu |
134 |
20.4 |
|
autre
arme |
439 |
66.9 |
|
aucune
arme |
19 |
2.9 |
|
Total |
656 |
100.0 |
n = 0 |
Classement de l’affaire : |
|
|
|
non
classée |
222 |
33.8 |
|
classée
par mise en accusation |
361 |
55.0 |
|
classée
sans mise en accusation |
73 |
11.1 |
|
Total |
656 |
100.0 |
n = 0 |
Par ce tableau, on remarque que la grande majorité des infractions les plus graves lors d’un enlèvement sont la séquestration (75.9%) suivi par l’enlèvement lui-même (23.5%). Pour ce qui est de la deuxième infraction la plus grave, les introductions par infraction ainsi que les vols constituent la plus grande partie des incidents (41.7%). Quant au lieu où s’est produit l’événement, plus de la moitié des incidents se sont déroulés à l’intérieur d’une résidence privée (54.6%). Ceci nous indique donc que plusieurs enlèvements et/ou séquestrations se déroulent lors d’une infraction contre les biens dans une résidence privée, probablement lorsque le suspect tombe sur un occupant de la maison qu’il est en train de cambrioler.
Quant au jour de la semaine où se déroulent les incidents, un grand nombre de ces derniers se retrouvent les lundis (16.6%) ainsi que les vendredis (17.7%). Les armes à feu sont utilisées dans plusieurs cas (20.4%), malgré le fait qu’on remarque la prédominance de la catégorie « autre arme » dans le tableau 1. Par contre, il faut savoir que cette catégorie regroupe un très grand nombre de types d’armes utilisées dans la commission d’enlèvements ou séquestration et que cette catégorisation a été conçue de façon à savoir si l’arme employée était une arme à feu ou un autre type d’arme. Finalement, on constate qu’un grand nombre d’incidents sont habituellement classés par mise en accusation, c’est-à-dire plus de la moitié (55%). On remarque cependant qu’un assez grand nombre d’affaires sont encore non classées (33.8%).
LES PERSONNES IMPLIQUÉES
Le tableau 2, quant à lui, présente les variables qui donnent des renseignements en ce qui concerne les victimes ainsi que les suspects dans les affaires d’enlèvement et/ou séquestration. On y retrouve les variables âge, sexe, lien entre le suspect et la victime ainsi que la cohabitation entre le suspect et la victime.
Tableau
2 : Distribution des variables relatives aux victimes et aux suspects
|
Nombre |
Pourcentage (%) |
Valeurs manquantes |
Âge des victimes : |
|
|
|
0 à 12 ans |
89 |
13.9 |
|
13 à 17 ans |
86 |
13.5 |
|
18 ans et plus |
463 |
72.6 |
|
Total |
638 |
100.0 |
n = 18 (2.7%) |
Âge des suspects : |
|
|
|
0 à 12 ans |
1 |
0.2 |
|
13 à 17 ans |
31 |
7.4 |
|
18 ans et plus |
385 |
92.3 |
|
Total |
417 |
100.0 |
n = 239 (36.4%) |
Sexe des victimes : |
|
|
|
Homme |
272 |
42.6 |
|
Femme |
366 |
57.4 |
|
Total |
638 |
100.0 |
n = 18 (2.7%) |
Sexe des suspects : |
|
|
|
Homme |
373 |
89.4 |
|
Femme |
44 |
10.6 |
|
Total |
417 |
100.0 |
n = 239 (36.4%) |
Lien entre le suspect et la victime : |
|
|
|
inconnu |
47 |
7.4 |
|
conjoint |
114 |
17.9 |
|
parent |
38 |
6.0 |
|
enfant |
3 |
0.5 |
|
autre membre de la famille |
17 |
2.7 |
|
connaissance |
134 |
21.0 |
|
étranger |
285 |
44.7 |
|
Total |
638 |
100.0 |
n = 18 (2.7%) |
Cohabitation entre le suspect et la victime : |
|
|
|
inconnu |
21 |
3.2 |
|
oui |
108 |
17.0 |
|
non |
508 |
79.8 |
|
Total |
637 |
100.0 |
n = 19 (2.9%) |
Il est évident, par ce tableau, que les individus de sexe masculin sont davantage présents que les femmes au sein du groupe des suspects, représentant près de 90% des individus suspectés d’être les auteurs d’enlèvements. Cependant, ce sont les femmes qui se retrouvent en plus grand nombre pour ce qui est des victimes, puisqu’elles sont les victimes d’enlèvement dans plus de la moitié des cas (57.4%). Pour ce qui est de la relation qui existe entre les suspects et leurs victimes, il semble, selon le tableau 2, que la plupart du temps les incidents surviennent entre gens qui se connaissent (21%) ou pas du tout (44.7%). Par contre, on remarque également un fort taux d’enlèvement ou séquestration entre conjoint (17.9%). Malgré ce qu’on pourrait penser, peu d’enlèvements sont le fait de parents qui kidnappent leur enfant (6%). Parallèlement, comme la plupart des victimes ne connaissent pas leur agresseur, il n’est pas étonnant de constater que dans 79.8% des cas la victime ne cohabitait pas avec le suspect. Ceci vient dont renforcer la thèse énoncée plus haut selon laquelle les enlèvements et/ou séquestrations seraient le fait de cambrioleurs tombant sur les résidants de la demeure dans laquelle ils se sont introduits.
En ce qui concerne l’âge des suspects et des victimes, on constate que la majorité des individus sont âgés de plus de 18 ans. Par contre, ce recodage de la variable « âge » n’est cependant pas statistiquement correct. Nous avons procédé de la sorte afin de bien cerner les différentes classes d’âges touchées par la définition légale de l’enlèvement. Pour avoir une vue d’ensemble plus juste concernant l’âge des suspects et des victimes, regardons plutôt les figures 1 et 2.
Figure 1 :
Histogramme de la distribution de l’âge des victimes d’enlèvements
et de séquestration
Figure 2 :
Histogramme de la distribution de l’âge des suspects dans les cas d’enlèvements
et de séquestration
Il est donc possible de constater, avec la figure 1, que la moyenne d’âge des individus victimes d’enlèvement ou de séquestration est d’environ 27 ans. Quant à la figure 2, on remarque que la moyenne d’âge des suspects dans les cas d’enlèvements et/ou de séquestration est d’environ 31 ans. Donc, les suspects seraient un peu plus âgés que leurs victimes pour ce qui est de ce type de crimes.
2. Analyse
Test
du chi carré
Pour voir la relation qui peut exister entre certaines variables,
des tests du chi carré ont été effectués. Nous avons divisé notre analyse en
cinq grandes parties, c’est-à-dire que
nous analyserons des relations entre certaines variables et le sexe des
suspects et des victimes, le lien suspect-victime, la cohabitation entre les
deux individus, l’arme utilisée, l’infraction la plus grave et la deuxième infraction
la plus grave.
Le
sexe
Premièrement, voici les tests effectués afin de savoir si la variable sexe est en relation avec d’autres variables relatives au cas d’enlèvements et/ou de séquestrations:
Tableau
3 : Les relations entre la variable sexe du suspect et d’autres variables
contrôles
|
Sexe de la victime |
Total |
|||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Masculin |
Féminin |
|||||||||||||||||
Masculin |
138 (37.1%) |
234 (69.9%) |
372 |
||||||||||||||||
Féminin |
21 (48.8%) |
22 (51.2%) |
43 |
||||||||||||||||
Total |
159 |
256 |
415 |
||||||||||||||||
Sig = 0.134 (n.s.) Phi = 0.074 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Cohabitation entre le
suspect et la victime |
Total |
|||||||||||||||||
Oui |
Non |
||||||||||||||||||
Masculin |
82 (23%) |
275 (72%) |
357 |
||||||||||||||||
Féminin |
12 (27.9%) |
31 (72.1%) |
43 |
||||||||||||||||
Total |
94 |
306 |
400 |
||||||||||||||||
Sig = 0.471 (n.s.) Phi = 0.036 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Lieu du crime |
Total |
|||||||||||||||||
inconnu |
résidence |
zone ouverte |
établissement public |
commerce |
autres |
||||||||||||||
Masculin |
45 (12.1%) |
247 (66.2%) |
24 (6.4%) |
24 (6.4%) |
26 (7%) |
7 (1.9%) |
373 |
||||||||||||
Féminin |
7 (15.9%) |
29 (65.9%) |
|
6 (13.6%) |
2 (4.5%) |
|
44 |
||||||||||||
Total |
52 |
276 |
24 |
30 |
28 |
7 |
417 |
||||||||||||
Sig = 0.199 (n.s.) Phi = 0.132 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Jour du crime |
Total |
|||||||||||||||||
|
dimanche |
lundi |
mardi |
mercredi |
jeudi |
vendredi |
samedi |
|
|||||||||||
Masculin |
37 (10.2%) |
63 (17.4%) |
45 (12.4%) |
52 (14.3%) |
52 (14.3%) |
65 (17.9%) |
49 (13.5%) |
363 |
|||||||||||
Féminin |
6 (14.3%) |
7 (16.7%) |
5 (11.9%) |
5 (11.9%) |
7 (16.7%) |
4 (9.5%) |
8 (19%) |
42 |
|||||||||||
Total |
43 |
70 |
50 |
57 |
59 |
69 |
57 |
405 |
|||||||||||
Sig = 0.772 (n.s.) Phi= 0.090 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Classement de l’affaire |
Total |
|||||||||||||||||
Mise en accusation |
sans mise en accusation |
||||||||||||||||||
Masculin |
320 (85.8%) |
53 (14.2%) |
373 |
||||||||||||||||
Féminin |
32 (72.7%) |
12 (27.3%) |
44 |
||||||||||||||||
Total |
352 |
65 |
417 |
||||||||||||||||
Sig= 0.024 Phi= 0.111 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Lien entre le suspect et la
victime |
Total |
|||||||||||||||||
inconnu |
conjoint |
parent |
enfant |
membre de la famille |
connaissance |
étranger |
|||||||||||||
Masculin |
21 (5.6%) |
104 (28%) |
23 (6.2%) |
3 (0.8%) |
8 (2.2%) |
97 (26.1%) |
116 (31.2%) |
372 |
|||||||||||
Féminin |
|
2 (4.7%) |
10 (23.3%) |
|
6 (14%) |
14 (32.6%) |
11 (25.6%) |
43 |
|||||||||||
Total |
21 |
106 |
33 |
3 |
14 |
111 |
127 |
415 |
|||||||||||
Sig = 0.000 Phi= 0.318 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Infraction la plus grave |
Total |
|||||||||||||||||
enlèvement |
séquestration |
autres |
|||||||||||||||||
Masculin |
61 (16.4%) |
309 (82.8%) |
3 (0.8%) |
373 |
|||||||||||||||
Féminin |
22 (50%) |
21 (47.7%) |
1 (2.3%) |
44 |
|||||||||||||||
Total |
83 |
330 |
4 |
417 |
|||||||||||||||
Sig= 0.000 Phi= 0.266 |
|||||||||||||||||||
Sexe du suspect |
Arme utilisée |
Total |
|||||||||||||||||
inconnue |
arme à feu |
autre arme |
aucune arme |
||||||||||||||||
Masculin |
26 (7%) |
60 (16.1%) |
278 (74.5%) |
9 (2.4%) |
373 |
||||||||||||||
Féminin |
7 (15.9%) |
3 (6.8%) |
27 (61.4%) |
7 (15.9%) |
44 |
||||||||||||||
Total |
33 |
63 |
305 |
16 |
417 |
||||||||||||||
Sig= 0.000 Phi= 0.249 |
|||||||||||||||||||
À la lumière de ce tableau, on remarque que la variable qu’est le sexe du suspect entretient une relation statistiquement significative (p<0.05) avec les variables « classement de l’affaire » (p=0.024), « lien entre le suspect et la victime » (p=0.000), « infraction la plus grave » (p=0.000) ainsi que « arme utilisée » (p=0.000).
Pour ce qui est de la relation entre le sexe du suspect et le classement de l’affaire, on peut voir que pour les suspects de sexe masculin, dans 85.8% des cas, l’affaire est classée par mise en accusation alors que pour les suspects de sexe féminin ce pourcentage est un peu plus faible (72.7%). Cette relation est par contre plutôt faible avec un phi de 0.111.
Quant au lien entre le suspect et la victime et sa relation avec le sexe de l’accusé, il ressort qu’un part importante des suspects de sexe masculin sont étrangers à leur victime (31,2%). On remarque également une bonne proportion des suspects masculins ayant un lien conjugal (28%) et de connaissance (26.1%) avec leur victime. Pour ce qui est des femmes, elles enlèvent ou séquestrent principalement des connaissances (32,6%), des étrangers (25.6%) ainsi que leurs enfants (23.3%). Cette relation s’avère être plutôt modérée avec un phi de 0.318.
La relation entre le sexe du suspect et l’infraction jugée comme étant la plus grave lors de l’incident est également significative. À cet effet, le tableau nous montre que dans 82.8% des cas où l’enlèvement et/ou la séquestration est commis par un homme, l’infraction la plus grave se trouve à être la séquestration. Quant aux femmes, on constate une proportion assez partagée entre l’enlèvement (50%) et la séquestration (47.7%) pour ce qui est de l’infraction la plus grave lorsqu’elles sont les suspects dans les cas d’enlèvement et/ou séquestration. Cette fois également la relation enregistre une force plutôt modérée (phi = 0.266).
Finalement, dans la relation entre le sexe du suspect et l’arme utilisée lors des enlèvements et/ou séquestration, autant chez les hommes (74.5%) que chez les femmes (61.4%), l’arme utilisée est une arme autre que les armes à feu. Encore une fois, la relation entre le sexe du suspect et l’arme utilisée est relativement modérée, obtenant un phi de 0.249.
Le tableau suivant fait part des relations qui peuvent exister entre le sexe de la victime et les mêmes variables que celles utilisées dans le tableau précédent.
Tableau
4 : Les relations entre la variable sexe de la victime et d’autres
variables
Sexe de la victime |
Cohabitation entre le suspect
et la victime |
Total |
|||||||||||||||||
Oui |
Non |
||||||||||||||||||
Masculin |
30 (11.5%) |
230 (88.5%) |
260 |
||||||||||||||||
Féminin |
78 (21.9%) |
278 (78.1%) |
356 |
||||||||||||||||
Total |
108 |
508 |
616 |
||||||||||||||||
Sig = 0.001 Phi = 0.135 |
|||||||||||||||||||
Sexe de la victime |
Lieu du crime |
Total |
|||||||||||||||||
inconnu |
résidence |
zone ouverte |
établissement public |
commerce |
autres |
||||||||||||||
Masculin |
57 (21%) |
119 (43.8%) |
15 (5.5%) |
37 (13.6%) |
35 (12.9%) |
9 (3.3%) |
272 |
||||||||||||
Féminin |
58 (15.8%) |
232 (63.4%) |
37 10.1%) |
20 (5.5) |
15 (4.1%) |
4 (1.1) |
366 |
||||||||||||
Total |
115 |
351 |
52 |
57 |
50 |
13 |
638 |
||||||||||||
Sig = 0.000 Phi = 0.274 |
|||||||||||||||||||
Sexe de la victime |
Jour du crime |
Total |
|||||||||||||||||
|
dimanche |
lundi |
mardi |
mercredi |
jeudi |
vendredi |
samedi |
||||||||||||
Masculin |
27 (10.1%) |
53 (19.8%) |
38 (14.2%) |
35 (13.1%) |
39 (14.6%) |
46 (17.2%) |
30 (11.2%) |
268 |
|||||||||||
Féminin |
37 (10.3%) |
51 (14.2%) |
46 (12.8%) |
52 (14.5%) |
55 (15.4%) |
64 (17.9%) |
53 (14.8%) |
358 |
|||||||||||
Total |
64 |
104 |
84 |
87 |
94 |
110 |
83 |
626 |
|||||||||||
Sig = 0.558 (n.s.) Phi= 0.088 |
|||||||||||||||||||
Sexe de la victime |
Classement de l’affaire |
Total |
|||||||||||||||||
non classée |
mise en accusation |
sans mise en accusation |
|||||||||||||||||
Masculin |
107 (39.3%) |
131 (48.2%) |
34 (12.5%) |
272 |
|||||||||||||||
Féminin |
108 (29.5%) |
224 (61.2%) |
34 (9.3%) |
366 |
|||||||||||||||
Total |
215 |
355 |
68 |
638 |
|||||||||||||||
Sig= 0.005 Phi= 0.130 |
|||||||||||||||||||
Sexe de la victime |
Lien entre le suspect et la
victime |
Total |
|||||||||||||||||
inconnu |
conjoint |
parent |
enfant |
membre de la famille |
connaissance |
étranger |
|||||||||||||
Masculin |
24 (8.8%) |
2 (0.7%) |
19 (7%) |
1 (0.4%) |
11 (4%) |
59 (21.7%) |
156 (57.4%) |
272 |
|||||||||||
Féminin |
23 (6.3%) |
112 (30.6%) |
19 (5.2%) |
2 (0.5%) |
6 (1.6%) |
75 (20.5%) |
129 (35.2%) |
366 |
|||||||||||
Total |
47 |
114 |
38 |
3 |
17 |
134 |
285 |
638 |
|||||||||||
Sig = 0.000 Phi= 0.397 |
|||||||||||||||||||
Sexe de la victime |
Infraction la plus grave |
Total |
|||||||||||||||||
enlèvement |
séquestration |
autres |
|||||||||||||||||
Masculin |
68 (25%) |
203 (74.6%) |
1 (0.4%) |
272 |
|||||||||||||||
Féminin |
80 (21.9%) |
283 (77.3%) |
3 (0.8%) |
366 |
|||||||||||||||
Total |
148 |
486 |
4 |
638 |
|||||||||||||||
Sig= 0.517 (n.s.) Phi= 0.046 |
|||||||||||||||||||
Sexe de la victime |
Arme utilisée |
Total |
|||||||||||||||||
inconnue |
arme à feu |
autre arme |
aucune arme |
||||||||||||||||
Masculin |
34 (12.5%) |
78 (28.7%) |
149 (54.8%) |
11 (4%) |
272 |
||||||||||||||
Féminin |
28 (7.7%) |
53 (14.5%) |
277 (75.7%) |
8 (2.2%) |
366 |
||||||||||||||
Total |
62 |
131 |
426 |
19 |
638 |
||||||||||||||
Sig= 0.000 Phi= 0.221 |
|||||||||||||||||||
Dans le tableau démontrant les relations entre le sexe des victimes ainsi que les mêmes variables mises en cause dans les relations analysées pour le sexe des suspects, on remarque que ce ne sont pas tout à fait les mêmes relations qui sont significatives. En effet, ici, les relations significatives sont celles entre le sexe des victimes et la cohabitation entre le suspect et la victime (p=0.001), le lieu du crime (0.000), le classement de l’affaire (p=0.005), le lien entre le suspect et la victime (p=0.000) ainsi que l’arme utilisée (p=0.000).
Pour ce qui est de la relation entre le sexe des victimes et le fait que le suspect et la victime habitent ou non ensemble, la situation est semblable à celle de la relation avec le sexe du suspect. En effet, lorsque les victimes sont de sexe masculin, elles ne cohabitent pas avec leur kidnappeur dans 88.5% alors que pour les victimes de sexe féminin cette proportion est de 78.1%. Par contre, cette relation est relativement faible avec un phi de 0.135.
Dans le cas où le sexe des victimes serait en relation avec le lieu du crime, autant chez les victimes de sexe masculin (43.8%) que féminin (63.4%), le crime se déroule à l’intérieur d’une résidence. Cette relation s’avère être relativement modérée avec un phi égal à 0.274. Quant au classement de l’affaire, lorsqu’il s’agit de victimes de sexe masculin, on constate que les enlèvements sont principalement classés par mise en accusation (48.2%). Par contre, un dénote aussi un fort taux de crime non résolus (39.3%). Chez les victimes de sexe féminin, plus de la moitié des affaires sont classées par mise en accusation (61.2%). Dans ce cas-ci, la relation serait plutôt faible puisque le phi n’est que de 0.130.
En ce qui a trait à la relation entre le sexe de la victime et le lien qui existe entre cette dernière et son présumé agresseur, on remarque que les victimes de sexe masculin sont majoritairement enlevés ou séquestrés par des étrangers (57.4%) alors que pour les femmes victimisées cela se partage entre les étrangers (35.2%) et leur conjoint (30.6%). La force de cette relation se situe à un niveau relativement élevé avec un phi de 0.397. Finalement, pour ce qui est de l’arme utilisée et de sa relation avec le sexe de la victime, on remarque encore une fois que, autant chez les hommes (54.8%) que chez les femmes (75.7%), une arme autre que les armes à feu a été utilisée pour leur enlèvement ou leur séquestration. On peut aussi constater que les hommes (28.7%) utilisent les armes à feu dans une proportion plus élevée que les femmes (14.5%). Cette relation est plutôt modérée, obtenant un phi= 0.221.
Le
lien entre le suspect et la victime
Analysons maintenant les relations qui peuvent exister entre le lien qui unit les suspects avec leurs victimes et différentes variables. Les tableaux suivants nous montrent les résultats obtenus.
Tableau 5 : Relation entre le lien entre le
suspect et la victime et le lieu du crime
|
Lieu du crime |
||||||
Lien entre le suspect et la
victime |
inconnu |
résidence |
zone ouverte |
établissement public |
commerce |
autres |
Total |
inconnu |
6 (12.8%) |
23 (48.9%) |
6 (12.8%) |
4 (8.5%) |
5 (10.6%) |
3 (6.4%) |
47 |
conjoint |
5 (4.4%) |
101 (88.6%) |
4 (3.5%) |
2 (1.8%) |
1 (0.9%) |
1 (0.9%) |
114 |
parent |
1 (2.6%) |
34 (89.5%) |
|
3 (7.9%) |
|
|
38 |
enfant |
|
3 (100%) |
|
|
|
|
3 |
autre membre de la famille |
1 (5.9%) |
14 (82.4%) |
1 (5.9%) |
1 (5.9%) |
|
|
17 |
connaissance |
16 (11.6%) |
89 (66.4%) |
9 (6.7%) |
14 (10.4%) |
4 (3%) |
2 (1.5%) |
134 |
étranger |
86 (30.2%) |
87 (30.5%) |
32 (11.2%) |
33 (11.6%) |
40 (14%) |
7 (2.5%) |
285 |
Total |
115 |
351 |
52 |
57 |
50 |
13 |
638 |
Sig=0.000 Phi=0.520 |
Comme nous le démontre ce tableau, la relation entre le lien qui existe entre le suspect et la victime et le lieu où se déroule l’événement est significative (p<0.05). Lorsque le lien entre la victime et son agresseur est inconnu, la majorité des crimes se produisent à l’intérieur d’une résidence (48.9%). Il en est de même lorsque l’agresseur est le conjoint (88.6%), un parent (89.5%), un enfant (100%), un autre membre de la famille (82.4%) ainsi qu’une connaissance (66.4%). Par contre, lorsque le suspect est étranger à sa victime, le taux est sensiblement le même quand le lieu est inconnu (30.2%) ou lorsque le crime se produit à l’intérieur d’une résidence (30.5%). Il est important de mentionner que cette relation est plutôt forte, comme en témoigne le phi de 0.520. Il est clair que les enlèvements entre membres d’une même famille sont plus à risques de se dérouler à l’intérieur d’une résidence. De plus, le fait qu’un bon nombre d’infractions commises par un étranger se produisent également dans la résidence de la victime vient renfoncer notre thèse de l’enlèvement qui survient lors d’un cambriolage.
Regardons maintenant s’il existe une relation significative entre le lien entre le suspect et la victime et l’arme utilisée pour commettre le crime.
Tableau 6 : Relation entre le lien entre le
suspect et la victime et l’arme utilisée
|
Arme utilisée |
||||
Lien entre le suspect et la
victime |
inconnue |
arme à feu |
autre arme |
aucune arme |
Total |
inconnu |
|
18 (38.3%) |
28 (59.6%) |
1 (2.1%) |
47 |
conjoint |
1 (0.9%) |
4 (3.5%) |
106 (93%) |
3 (2.6%) |
114 |
parent |
12 (31.6%) |
|
19 (50%) |
7 (18.4%) |
38 |
enfant |
|
1 (33.3%) |
2 (66.7%) |
|
3 |
autre membre de la famille |
7 (41.2%) |
|
8 (47.1%) |
2 (11.8%) |
17 |
connaissance |
6 (4.5%) |
11 (8.2%) |
114 (85.1%) |
3 (2.2%) |
134 |
étranger |
36 (12.6%) |
97 (34%) |
149 (52.3%) |
3(1.1%) |
285 |
Total |
62 |
131 |
426 |
19 |
638 |
Sig=0.000 Phi=0.554 |
Cette fois encore, la relation qui existe entre le lien suspect-victime et l’arme utilisée s’avère être significative puisque p = 0.000. Dans pratiquement tous les cas, la majorité des crimes sont commis à l’aide d’une arme autre que l’arme à feu. Par contre, on remarque que dans le cas où la relation entre le suspect et sa victime est inconnue, une proportion assez importante des crimes sont commis à l’aide d’une arme à feu (38.3%). Lorsque c’est un parent qui enlève ou séquestre sont enfant, dans près du tiers des cas (31.6%), l’arme demeure inconnue. La situation est sensiblement la même lorsque l’agresseur est un autre membre de la famille alors que dans 41.2% des cas l’arme utilisée est également inconnue des policiers. Finalement, on remarque aussi que lorsque des étrangers enlèvent ou séquestrent une victime, ils utilisent fréquemment les armes à feu (34%). Cette relation est également relativement forte (phi = 0.554).
Le tableau suivant donne un aperçu de la relation qui existe entre le lien suspect-victime et l’infraction la plus grave.
Tableau 7 : Relation entre le lien entre le
suspect et la victime et l’infraction la plus grave
|
Infraction la plus grave |
|||
Lien entre le suspect et la
victime |
enlèvement |
séquestration |
autres |
Total |
inconnu |
11 (23.4%) |
35 (74.5%) |
1 (2.1%) |
47 |
conjoint |
10 (8.8%) |
104 (91.2%) |
|
114 |
parent |
25 (65.8%) |
13 (34.2%) |
|
38 |
enfant |
|
3 (100%) |
|
3 |
autre membre de la famille |
12 (70.6%) |
5 (29.4%) |
|
17 |
connaissance |
26 (19.4%) |
107 (79.9%) |
1 (0.7%) |
134 |
étranger |
64 (22.5%) |
219 (76.8%) |
2 (0.7%) |
285 |
Total |
148 |
486 |
4 |
638 |
Sig=0.000 Phi=0.350 |
Voici une autre relation qui implique le lien entre le suspect et la victime et l’infraction la plus grave qui s’avère être significative (p= 0.000). Lorsque le lien entre l’agresseur et sa victime est inconnu (74.5%) ou est de nature conjugale (91.2%), l’infraction jugée la plus grave lors de l’incident est la séquestration. Dans les cas où c’est un parent qui commet ce crime envers son enfant, c’est plutôt l’enlèvement qui est considéré comme étant le plus grave (65.8%). Les enfants qui sont les agresseurs de leurs parents commettent tous l’infraction la plus grave qu’est la séquestration (100%), mais il est difficile de tenir compte de cette situation puisque seulement trois cas sont rapportés chez les enfants. Pour les autres membres de la famille, tout comme le cas des parents, c’est l’infraction d’enlèvement qui est principalement reconnue comme étant la plus grave (70.6%), alors que lorsque le suspect est une connaissance (79.9%) ou un étranger (76.8%), l’infraction la plus grave est plutôt la séquestration. Cette relation-ci est relativement modérée avec un phi égal à 0.350.
Jetons un coup d’œil maintenant sur le tableau 8 qui nous montre la relation entre le lien suspect-victime et le classement de l’affaire.
Tableau 8 : Relation entre le lien entre le
suspect et la victime et le classement de l’affaire
|
Classement de l’affaire |
|||
Lien entre le suspect et la
victime |
non classée |
mise en accusation |
sans mise en accusation |
Total |
inconnu |
26 (55.3%) |
20 (42.6%) |
1 (2.1%) |
47 |
conjoint |
7 (6.1%) |
96 (84.2%) |
11 (9.6%) |
114 |
parent |
5 (13.2%) |
23 (60.5%) |
10 (26.3%) |
38 |
enfant |
|
|
3 (100%) |
3 |
autre membre de la famille |
2 (11.8%) |
9 (52.9%) |
6 (35.3%) |
17 |
connaissance |
21 (15.7%) |
95 (70.9%) |
18 (13.4%) |
134 |
étranger |
154 (54%) |
112 (39.3%) |
19 (6.7%) |
285 |
Total |
215 |
355 |
68 |
638 |
Sig=0.000 Phi=0.527 |
Plus de la moitié des affaires où le lien entre le suspect et la victime n’est pas connu ne sont pas classées (55.3%) alors que l’autre moitié (42.6%) a été classée avec mise en accusation. Cette situation ressemble étrangement à celle où le suspect est un étranger alors que 54% des affaires ne sont toujours pas classées et que 39.3% sont classées avec mise en accusation. Lorsqu’un conjoint enlève ou séquestre l’autre conjoint, la quasi-totalité des affaires se règlent avec une mise en accusation (84.2%) alors que ce pourcentage descend à 60.5% lorsque c’est un parent. Chez les enfants, tous les crimes se classent sans mise en accusation (100%). Quand le suspect s’avère être un autre membre de la famille, plus de la moitié des crimes sont classés par mise en accusation (52.9%) alors que lorsque le suspect est une connaissance, ce taux s’élève à 70.9%. Par contre, on remarque tout de même une bonne proportion des affaires qui se classent sans mise en accusation (35.3%) lorsque le suspect est un autre membre de la famille. Cette relation est également plutôt forte, obtenant un phi de 0.527. Il peut être compréhensible que plusieurs cas d’enlèvements par un membre de la famille soient classés sans mise en accusation, en raison du lien familial qui unit l’agresseur et sa victime. Par contre, il est plutôt étonnant de constater que plusieurs infractions commises par un étranger soient également solutionnées sans mise en accusation.
Un test du chi carré a également été effectué pour la relation entre le lien suspect-victime et le jour de l’événement. Par contre, comme cette relation nous est apparue comme étant non significative (p=0.138) nous avons jugé non pertinent d’en produire le tableau.
La
cohabitation entre le suspect et la victime
Voyons maintenant s’il existe une relation significative entre le fait que le suspect et la victime habitent sous le même toit et le lieu du crime, le classement de l’affaire et l’arme utilisée.
Tableau 9 : Relation entre la cohabitation
suspect-victime et le lieu du crime,
le classement de l’affaire et l’arme utilisée
|
Lieu du crime |
|||||||||||
Cohabitation entre le suspect et la victime : |
inconnu |
résidence |
zone ouverte |
établissement public |
commerce |
autres |
Total |
|||||
oui |
2 (1.9%) |
87 (80.6%) |
6 (5.6%) |
6 (5.6%) |
4 (3.7%) |
3 (2.8%) |
108 |
|||||
non |
110 (21.7%) |
250 (49.2%) |
44 (8.7%) |
50 (9.8%) |
45 (8.9%) |
9 (1.8%) |
508 |
|||||
Total |
112 |
337 |
50 |
56 |
49 |
12 |
616 |
|||||
Sig=0.000 Phi=0.260 |
||||||||||||
|
Classement de l’affaire |
|||||||||||
Cohabitation entre le suspect et la victime : |
non classée |
mise en accusation |
sans mise en accusation |
Total |
||||||||
oui |
14 (13%) |
81 (75%) |
13 (12%) |
108 |
||||||||
non |
194 (38.2%) |
261 (51.4%) |
53 (10.4%) |
508 |
||||||||
Total |
208 |
342 |
66 |
616 |
||||||||
Sig=0.000 Phi=0.205 |
||||||||||||
|
Arme utilisée |
|||||||||||
Cohabitation entre le suspect et la victime : |
inconnue |
arme à feu |
autre arme |
aucune arme |
Total |
|||||||
oui |
9 (8.3%) |
5 (4.6%) |
89 (82.4%) |
5 (4.6%) |
108 |
|||||||
non |
48 (9.4%) |
124 (24.4%) |
322 (63.4%) |
14 (2.8%) |
508 |
|||||||
Total |
57 |
129 |
411 |
19 |
616 |
|||||||
Sig=0.000 Phi=0.192 |
||||||||||||
On voit donc que ces trois relations sont significatives (p<0.05). Premièrement, lorsqu’on regarde si les personnes en cause dans l’affaire cohabitent et le lieu où s’est déroulé l’incident, quand les deux individus habitent sous le même toit, la majorité des crimes se produisent dans une résidence (80.6%). Par contre, il en est de même lorsque le suspect et la victime ne cohabitent pas (49.2%). Cette relation est relativement modérée, avec un phi de 0.260.
Pour ce qui est de la relation entre la cohabitation suspect-victime et le classement de l’affaire, le trois-quarts des cas où les deux personnes cohabitaient, l’affaire s’est soldée par une mise en accusation (75%), alors que lorsqu’il n’y avait pas de cohabitation, ce taux descend à 51.4%. On assiste par contre à une relation plutôt faible car phi=0.205.
Pour la relation entre la cohabitation et l’arme employée lors du crime, dans les deux cas une arme autre que l’arme à feu a été utilisée en majorité (82.4% et 63.4%). Par contre, on remarque un taux assez élevé d’utilisation d’armes à feu lorsqu’il n’y a pas de cohabitation entre le suspect et la victime (24.4%). Cette fois encore, cette relation est plutôt faible avec un phi de 0.192.
Des tests avaient été effectués afin de savoir s’il existait une relation significative entre la cohabitation et l’infraction la plus grave (p=0.698) et le jour du crime (p=0.562), mais comme ces deux relations se sont avérées non significatives, le tableau ne sera pas présenté.
L’arme
utilisée
Le tableau suivant présentera les relations entre l’arme utilisée pour la commission du crime et le lieu où s’est déroulé l’événement, le classement de l’affaire ainsi que l’infraction la plus grave. Par contre, comme rien de vraiment intéressant et pertinent ne se dégage d’un tableau présentant les nombre et les pourcentages, seul un bref tableau montrant la signification et la force des relations sera présenté. Suivront tout de même les faits importants à retenir.
Tableau 10 : Relation entre l’arme utilisée et
le lieu, le classement de l’affaire et l’infraction la plus grave
Relation entre l’arme utilisée et le lieu du crime |
Sig = 0.000 Phi= 0.320 |
Relation entre l’arme utilisée et le classement de l’affaire |
Sig = 0.000 Phi = 0.291 |
Relation entre l’arme utilisée et l’infraction la plus grave |
Sig = 0.000 Phi = 0.366 |
Ce qui est important de noter en ce qui a trait à la relation entre l’arme et le lieu, c’est que peu importe le type d’arme, le crime se déroule toujours en majorité dans une résidence. Cette relation est plutôt modérée avec un phi de 0.320. Pour ce qui est de la relation entre l’arme et le classement, dans les cas où l’arme est inconnue ou est une arme à feu, la majorité des affaires ne sont pas classées, alors que lorsqu’il s’agit d’une autre arme ou d’aucune arme, les affaires sont davantage classées par mise en accusation. Cette relation s’est avérée relativement modérée (phi=0.291). Ensuite, en ce qui a trait à la relation entre l’arme et l’infraction la plus grave, il est important de retenir que lorsque l’arme est inconnue ou qu’il n’y a pas d’arme, l’infraction la plus grave est l’enlèvement alors que dans les deux autres cas (arme à feu et autre arme), c’est la séquestration qui constitue l’infraction jugée comme étant la plus grave. Cette relation est modérée vu son phi de 0.366.
Infraction
la plus grave et deuxième infraction
La façon de procéder pour cette partie sera la même que pour la précédente puisque, bien que les relations soient significatives, rien ne ressort de particulier ou de différent des relations déjà étudiées.
Tableau 11 : Relation entre l’infraction la
plus grave et le lieu, le classement de l’affaire,
et la deuxième infraction et relation entre la deuxième infraction et le classement de l’affaire
Relation entre l’infraction la plus grave et le lieu où s’est déroulé le crime |
Sig= 0.001 Phi=0.214 |
Relation entre l’infraction la plus grave et le classement de l’affaire |
Sig=0.000 Phi=0.193 |
Relation entre l’infraction la plus grave et la deuxième infraction la plus grave |
Sig=0.000 Phi=0.687 |
Relation entre la deuxième infraction la plus grave et le classement de l’affaire |
Sig= 0.016 Phi= 0.361 |
Évidemment, toutes ces relations sont significatives avec un p<0.05. Pour la première relation, celle entre l’infraction la plus grave et le lieu du crime, il faut simplement savoir que pour les trois types d’infractions (enlèvement, séquestration et autres) le lieu où se déroulent la majorité des crimes est, bien entendu, une résidence. Cette relation est par contre plutôt faible avec un phi de 0.214. Pour ce qui est de la relation entre l’infraction la plus grave et le classement de l’affaire, dans le cas où l’infraction est l’enlèvement, près de la moitié (42.2%) des affaires ne sont toujours pas classées alors que dans les cas de séquestration et d’autres infractions, la majorité ou la totalité des incidents ont été classés avec mise en accusation. Cette relation peut être également considérée comme étant plutôt faible (phi=0.193).
En ce qui a trait à la relation entre l’infraction la plus grave et la deuxième infraction considérée comme étant la plus grave, il est à noter que pour toutes les deuxièmes infractions (voir tableau 1), l’infraction qui était considérée la plus grave est celle de séquestration. Cette relation significative est plutôt forte avec son phi de 0.687. Finalement, lorsqu’on étudie la relation entre la deuxième infraction et le classement de l’affaire, dans tous les cas, encore une fois, le classement qui se retrouve le plus souvent est celui de la mise en accusation. Cette relation reste toutefois modérée avec un phi de 0.361.
Tests de moyenne
Il est maintenant question de l’analyse de la relation entre l’âge du suspect et les autres variables, notamment avec le sexe. Pour ce faire, le test de moyenne a été utilisé. Le tableau suivant montre les résultats du test de moyenne entre âge et le sexe du suspect.
Tableau 12 : Âge moyen des suspects selon leur sexe
Sexe des suspects |
Âge moyen des suspects |
masculin |
30.9 ans |
féminin |
31.2 ans |
Sig = 0.837 (n.s) Eta = 0.010 |
|
On remarque donc que la moyenne d’âge des suspects de sexe masculin (30.90 ans) est légèrement inférieure à la moyenne d’âge des suspects de sexe féminin (31.23 ans). Par contre, cette relation n’est pas significative (p>0.05).
D’autres tests de moyenne ont été effectués entre l’âge des suspects et chacune des autres variables. Cependant, aucun des tests ne s’est avéré être significatif, de là la pertinence de ne pas en produire les tableaux. Le tableau suivant, quant à lui, donne les résultats du test de moyenne entre l’âge des victimes et leur sexe. Dans ce cas-ci, les autres relations étant significatives, excepté celle entre l’âge des victimes et le jour du crime, les tableaux seront exposés.
Tableau 13 : Âge moyen des victimes selon leur sexe
Sexe des victimes |
Âge moyen des victimes |
masculin |
27.5 ans |
féminin |
26.6 ans |
Sig = 0.448 (n.s.) Eta = 0.030 |
|
Cette fois-ci, le contraire se produit alors que la moyenne d’âge des victimes de sexe masculin (27.53 ans) est légèrement plus élevée que celles des victimes féminines (26.58 ans). Cependant, cette relation est également non significative (p=0.448). On peut par contre affirmer que les victimes sont en général plus jeunes que les suspects, autant chez les femmes que chez les hommes.
Tableau 14 : Âge moyen des victimes selon chacune des variables
contrôles
|
Âge moyen des victimes |
Infraction la plus grave |
|
enlèvement |
17.1 |
séquestration |
30.1 |
autres |
18.8 |
Sig = 0.000 Eta = 0.354 |
|
deuxième infraction la plus grave |
|
infractions
sexuelles |
14.0 |
voies
de fait |
18.1 |
séquestration |
17.7 |
introduction
par effraction/vol |
30.3 |
autres |
26.6 |
Sig =0.008 Eta = 0.309 |
|
Lieu du crime |
|
inconnu |
27.3 |
résidence |
26.7 |
zone
ouverte |
20.1 |
établissement
public |
27.1 |
commerce |
31.4 |
autres |
43.5 |
Sig = 0.000 Eta = 0.214 |
|
Arme utilisée |
|
inconnue |
16.1 |
arme
à feu |
33.1 |
autres
armes |
27.23 |
aucune
arme |
14.9 |
Sig = 0.000 Eta =0.314 |
|
Classement de l’affaire |
|
non
classée |
28.9 |
mise
en accusation |
26.9 |
sans
mise en accusation |
21.5 |
Sig = 0.003 Eta = 0.136 |
|
Lien entre le suspect et la victime |
|
inconnu |
29.0 |
conjoint |
28.5 |
parent |
6.01 |
enfant |
45.7 |
autre
membre de la famille |
10.9 |
connaissance |
28.9 |
étranger |
28.7 |
Sig = 0.000 Eta
= 0.394 |
|
Cohabitation suspect-victime |
|
oui |
24.0 |
non |
27.6 |
Sig = 0.029 Eta
= 0.088 |
|
Premièrement, quant à la relation entre l’âge de la victime et l’infraction la plus grave qui a été commise, on remarque que lorsque cette dernière est l’enlèvement, l’âge moyen des victimes (17.1 ans) est presque la moitié de l’âge moyen des victimes de séquestration (30.1 ans). Cette relation est significative (p=0.000) et plutôt modérée (eta=0.354). Lorsqu’il est question de la deuxième infraction la plus grave, on est à même de constater que pour les infractions sexuelles (14 ans), pour les voies de fait (18.1 ans) ainsi que pour la séquestration (17.7 ans), les moyennes d’âges des victimes sont sensiblement plus faibles que pour les vols (30.3 ans) ou les autres infractions (26.6 ans). Voilà encore un élément qui vient confirmer la thèse des introductions par effraction et des cambrioleurs séquestrant les occupants de la maison. En effet, comme la plupart du temps les gens qui habitent un logement ou une maison sont des adultes, il est alors normal que la moyenne d’âge des victimes d’enlèvement ou de séquestration lors d’un vol dans une résidence soit aussi élevée. Cette relation est également significative (p=0.008) et modérée (eta=0.039).
Pour ce qui est du lien entre l’âge de la victime et le lieu du crime, lorsque ce dernier est une zone ouverte, la moyenne d’âge des victimes n’est que de 20.1 ans. Lorsque le lieu est plutôt un autre lieu, la moyenne d’âge des victime est beaucoup plus élevée (43.5 ans). Pour les autres types de lieux, la moyenne d’âge se situe environ entre 26 ans et 31 ans. Cette relation est significative avec un p de 0.000 ; par contre, elle est plutôt faible (eta= 0.214).
En ce qui concerne l’arme utilisée, lorsque l’arme est inconnue (16.1 ans) ou qu’il n’y a pas d’usage d’arme (14.9 ans), on constate que les victimes sont assez jeunes comparativement aux victimes dont le suspect s’est servi d’une arme à feu (33.1 ans) ou d’une autre arme (27.2 ans). Ceci est probablement dû au fait que de jeunes victimes étant moins susceptibles de montrer de l’opposition ou de résister à leur agresseur, ces derniers n’éprouvent pas le besoin de recourir à l’usage d’une arme. Une autre option est envisageable : un parent qui enlève son enfant n’a pas besoin d’utiliser une arme contre une victime qui a confiance en celui qui deviendra par la suite son kidnappeur. Mais cela ne reste que des suppositions … Cette relation est également significative (p=0.000) et s’avère être relativement modérée (eta=0.314).
Quant au classement de l’affaire, l’âge moyen des victimes lorsque le crime est classé sans mise en accusation (21.5 ans) est légèrement plus bas que dans les cas où l’affaire n’est pas encore classée (28.9 ans) ou est classée par mise en accusation (26.9 ans). Il s’agit encore une fois d’une relation significative (p<0.05). Par contre, il se trouve que la relation est plutôt faible avec un coefficient eta de 0.136.
En ce qui regarde à la relation entre l’âge des victimes et le lien qui existe entre ces dernières et leurs agresseurs, il n’est pas étonnant de voir que les enfants enlevés par un de leurs parents est très basse (6.1 ans) et, qu’à l’inverse, l’âge moyen des parents séquestrés par un de leurs enfants soit aussi élevée (45.7 ans). À part le cas où le suspect est un autre membre de la famille (10.9 ans), les moyennes d’âges des victimes, par rapport aux autres liens possibles entre ces dernières et les suspects, tournent toutes autour d’environ 29 ans. Cette relation est significative (p=0.000) et relativement élevée (eta=0.394). Finalement, pour la relation entre la cohabitation suspect-victime, l’âge moyen des victimes qui habitent avec leur agresseur (24 ans) est un peu plus faible que celle des victimes qui ne logent pas sous le même toit que le suspect (27.6 ans). Cette relation est également significative (p<0.05) mais est cependant plutôt faible (eta=0.088).
Corrélation
Une corrélation entre l’âge des victimes et l’âge des suspects (figure 3) démontre bien que les suspects ont tendance à enlever ou séquestrer des individus sensiblement du même âge qu’eux.
Figure 3 : Diagramme de dispersion entre
l’âge de la victime et l’âge du suspect
La figure 3 présente un diagramme de dispersion dont la relation est linéaire positive forte, donc plus l’âge de la victime augmente, plus l’âge du suspect augmente. On dénote toutefois la présence de certains cas extrêmes montrant que l’hypothèse énoncée n’est pas véridique dans tous les cas puisque certains jeunes gens auraient enlevé ou séquestré des personnes plus âgées qu’eux ou des enfants en bas âge ou encore que certains personnes plus âgées auraient kidnappé ou séquestré des plus jeunes. Le tableau 14, en ce qui le concerne, permet d’en savoir plus long sur la force et la signification de la relation entre l’âge du suspect et celui de sa victime.
Tableau
14 : Corrélation entre l’âge du suspect et l’âge de la victime
|
Âge de la victime |
Âge du suspect |
Âge de la victime |
1,000 n = 638 |
0.216** n = 415 sig = 0.000 |
Âge du suspect |
0.216** n =
415 sig = 0.000 |
1,000 n =
417 |
** la corrélation est significative avec
p<0.01
En jetant un coup d’œil sur ce tableau, on remarque que la relation est significative (p < 0.01) et relativement modérée (r = 0.216), ce qui revient à dire qu’en général les enlèvements ou les séquestrations surviennent entre des personnes du même âge, donc lorsque l’âge de la victime augmente, celle du suspect augmente également. Avec la régression on obtient ensuite un B=0.317. Ce qui revient donc à dire qu’avec une augmentation de 1 an chez le suspect, l’âge de la victime augmente environ de 4 mois, ce qui vient d’ailleurs confirmer que les victimes sont un peu plus jeunes que leurs agresseurs. On peut affirmer que ces résultats corroborent les faits mentionnés précédemment, lors de la revue de littérature, à savoir que les personnes un peu plus âgées ont davantage de chances de se faire enlever que les jeunes enfants, puisque ces derniers requièrent beaucoup plus de soins et d’attention qu’une personne mature et autonome.
3. Synthèse
En bref, voici ce qui ressort principalement de l’analyse de la structure des enlèvements et/ou séquestrations. Pour ce qui est du sexe, on constate que les femmes sont davantage victimisées que les hommes alors que ces derniers se retrouvent en plus grande proportion parmi les suspects. Les femmes suspectées d’enlèvement s’en prennent généralement à des connaissances, en utilisant une arme autre que les armes à feu et l’infraction la plus grave est celle de l’enlèvement lui-même. Pour ce qui est des hommes, ils s’attaquent principalement à des étrangers envers lesquels l’infraction la plus grave qui est commise est la séquestration. Les hommes utilisent davantage les armes à feu que les femmes lorsqu’ils commettent un enlèvement et/ou séquestration.
En ce qui a trait aux victimes, pour les deux sexes le suspect et la victime ne cohabitent pas et le crime est majoritairement commis à l’intérieur d’une résidence privée. Les hommes sont davantage victimisés par des étrangers ainsi que les femmes. Par contre, on note un fort taux de femmes qui sont enlevées ou séquestrées par leur conjoint.
Si on jette un coup d’œil sur les analyses faites à partir de la variable « âge », on constate que chez les suspects, les hommes sont légèrement plus âgés que les femmes, alors que la situation s’inverse chez les victimes. Ces dernières sont un peu plus jeunes en moyenne que leurs agresseurs. Par contre, on constate aussi que les suspects ont tendance à enlever ou séquestrer des individus relativement du même âge qu’eux. Donc, ceci revient à dire que lorsque l’âge de la victime augmente, celle du suspect augmente également.
Quant aux incidents plus particulièrement, ils sont commis en majorité dans une résidence, souvent pendant un vol ou une introduction par effraction. Ils sont le fait en plus grande partie d’étrangers, qui d’ailleurs sont ceux qui utilisent le plus les armes à feu contre leurs victimes. L’infraction la plus grave retenue contre les suspects est la séquestration et les crimes sont principalement classés par mise en accusation.
L’hypothèse principale qui ressort de ces analyses est que les enlèvements et/ou séquestration seraient principalement commis par des étrangers, lors de la commission d’une autre infraction, soit un vol ou une introduction par effraction. Tombant subitement sur le résident de la maison cible, ils l’enlèvent ou la séquestrent afin de faire taire le témoin gênant.
Par contre, il importe de mentionner que les données dont nous disposions ne nous permettaient pas de différencier les cinq catégories d’enlèvement, ce qui a limité notre analyse du phénomène. En effet, si nous avions eu recours à des données nous permettant de distinguer les variables en cause dans chacun des types d’enlèvement, notre analyse en aurait été particulièrement enrichie et pertinente, puisque nous aurions pu analyser les éléments qui jouent pour certains types de crimes, mais qui ne s’appliquent pas nécessairement à tous les types d’enlèvement.